Musique

 

14 ans et +

programme
Quatre Motets pour un temps de pénitence
Salve Regina
Un soir de neige
7 chansons
Laudes de Saint-Antoine de Padoue
Messe en sol

production
Chœur de chambre Les Éléments, direction Joël Suhubiette
en coproduction avec Odyssud Blagnac

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ARTICLE LA DÉPÊCHE

CRITIQUE DE SERGE CHAUZY


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Les Éléments

Hommage à Francis Poulenc

Mar 9 Avril 2013, 20:30 Collégiale d'Ibos. C

L’un des compositeurs français les plus célèbres de tous les temps et l’un des plus méconnus. Joël Suhubiette et Les Éléments nous font découvrir le paradoxe d’une œuvre empreinte de gravité comme de fantaisie.

L’œuvre de Francis Poulenc semble posséder deux visages. En témoignent les chefs-d’œuvre lyriques que sont Les Mamelles de Tirésias (sur un texte d’Apollinaire) et Le Dialogue des Carmélites (d’après la pièce de Bernanos).  Né à Paris en 1899, Francis Poulenc est très tôt soumis à des influences musicales assez contrastées, « Dès l’enfance, j’ai associé sans discernement, dans un commun amour, le bal-musette et les Suites de Couperin » dira-t-il. Au piano dès cinq ans, croisant à l’âge de quinze ans l’avant-garde parisienne avec Cocteau, Satie, de Falla, il vit intensément les années folles et sa première œuvre attire immédiatement l’attention de Ravel. Il fait montre d’un goût littéraire ouvert aux tendances les plus modernes de son temps. Dès 1918, il rencontre les vers d’Apollinaire et compose un « Bestiaire » dont on ne peut qu’admirer la « sûreté de trait », pour reprendre l’expression du musicologue français Jean Roy. Marqué par l’ambiance canaille de la guinguette, du cirque et du bal musette, il composera volontiers avec légèreté et facilité. Pourtant, Poulenc aura très jeune également connu la douleur de perdre père et mère à deux ans d’intervalle. Et en 1936, il fait une expérience bouleversante, lors de la visite du sanctuaire de la Vierge Noire à Rocamadour. Sa conversion religieuse influence dès lors durablement sa production, à travers des œuvres sacrées. La coexistence d’une grande gravité due à sa foi catholique jumelée avec l’insouciance et la fantaisie font dire au critique Claude Rostand que Poulenc est « moine ou voyou ». Un paradoxe que l’on retrouve tout au long de ce programme concocté par Joël Suhubiette en hommage au compositeur disparu en 1963, soit il y a 50 ans, composé essentiellement de pièces a capella, un genre dans lequel Poulenc a écrit ses œuvres les plus accomplies.

Après les subtilités des Polychoralités et la richesse du répertoire anglais, Joël Suhubiette et Les Éléments continuent l’exploration du répertoire choral avec une constante et égale justesse. L’interprétation de la musique de Poulenc  demande que l’on soit aussi convaincant dans l’élégance que dans le déhanchement canaille, dans la profondeur que dans la paillardise. Pas de demi-mesure : il faut être l’un et l’autre complètement. Les Éléments, ensemble de l’année aux Victoire de la Musique 2006, le sont incontestablement.