Danse

 

Israel Galván est accompagné
sur scène par 2 chanteurs et 9 musiciens

Chorégraphie :
Israel Galván

Direction artistique :
Pedro G. Romero

Mise en scène : Txiki Berraondo

Un projet de la Compañía
Israel Galván dirigé par
Máquina Ph. Production A Negro Producciones


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Israël Galvan

Israël Galvan

30 Novembre 2010, 20:30 Le Parvis. A+


Danseur des solitudes, comme le décrit le philosophe Georges Didi-Huberman mais aussi danseur des ténèbres, Israel Galván est un ovni dans le paysage chorégraphique flamenco.
Issu d’une famille de danseurs très orthodoxes (fils d’un grand danseur de flamenco, le sévillan José Galván), il a, dès ses premières pièces, éclaté l’héritage familial et mis sa virtuosité au service d’expériences portant le flamenco vers des horizons novateurs en terme d’épure et de création.

Sa première apparition au Parvis avec le solo La edad de oro (« L’âge d’or »), dans lequel il mixait notamment d’un coup de bassin la gestuelle féminine et masculine du flamenco et des formes extrêmement incandescentes et brèves, visant à dire, tels les haïku japonais, l’évanescence des choses, laissait entrevoir que ce danseur prodigieux ne s’interdisait rien et qu’il était traversé par différents styles de danse qu’il a vus ou expérimentés.

Pour cette pièce, ce sont les textes de l’Apocalypse de Jean, la vie et l’œuvre de Kafka, la guerre au Liban l’été 2006 et le cinéma de Coppola (son fameux Apocalypse now en version longue redux) qui ont inspiré le chorégraphe. Une incursion dans le sacré comme pour mieux mettre au jour la part d’ombre du danseur, son rapport tendu et ténu avec la mort, la souffrance.

Dès les premières minutes du spectacle, masqué, il offre une danse époustouflante. Dans un petit carré de sable, il danse l’essence, les sens. Cambrure du corps, bras et jambes, torsions de pieds façon butô japonais, élans tauromachiques… multiplient les figures jusqu’à celle du supplicié. Mains et doigts fendent l’air ou frappent le sol comme pour réveiller les morts. Les grandes figures de la danse, de Nijinski à Fred Astaire, traversent cette mise en bouche d’El Final de este estado de cosas, redux. Quant à son zapateado (frappes de pieds), il fait crépiter toute une palette percussive, des galops aux claquettes.

Accompagné dans ce solo de deux chanteurs traditionnels, du groupe de heavy metal Orthodox et d’un autre de jazz contemporain, il ose tout, ne craignant ni la difformité ni l’excès pour une danse vécue comme un véritable manifeste pour le corps flamenco : un flamenco « sans peur ni tabou ».