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Programme de salle Pas pleurer

Je m’interroge souvent, dans mes spectacles, sur la façon dont le corps est traversé par le politique, qu’il le veuille ou non. C’est, je crois, pour cette raison, au départ, que j’ai voulu adapter le roman de Lydie Salvayre, qui raconte l’histoire de sa mère Montse, traversée dans son corps par la révolution espagnole de 1936, par la retirada, et dans sa langue « fracagnole » par l’exil. Et aussi, car ce roman est venu entre mes mains par l’intermédiaire de mes parents.  Il y a eu donc, assez vite, une histoire de générations dans tout ça.

En creux du portrait de sa mère, Lydie Salvayre pose un autre portrait, le sien, d’autrice, de femme, de fille, d’héritière. Je crois que c’est surtout cela que j’ai voulu raconter et comment, à leur tour, les héritiers de l’histoire familiale et politique transmettent. Les aisances et les réticences de ces transmissions degré 2. C’est ce qui m’a amenée, je crois, à penser ce spectacle comme un dialogue entre une femme dépositaire de la mémoire de sa mère et un jeune homme, qui serait la troisième génération et regarde l’histoire avec un angle politique d’aujourd’hui, celui d’une Espagne encore traversée par la question des « nationaux ». De même que Lydie Salvayre, écrivant son livre, confronte la matière intime livrée par sa mère à une histoire racontée par les livres, au témoignage de Bernanos dans Les Grands cimetières sous la lune, nos deux personnages, Lidia et Marc essaient de comprendre, de relier l’intime et le politique, leurs connaissances historiques, psychologiques, scientifiques.

La rêverie autour du roman est devenue une rêverie sur l’histoire, sur la mémoire et les émotions que ces dernières charrient. Comment la mémoire passe à la génération suivante, dans les corps, dans les actes ? Quelles sont les traces dans une ville, cachées ou montrées ?  Comment raconter ce qu’on ne peut pas raconter, par les mots, par les images, par les sensations ? Ce chemin, nécessairement heurté, se confronte à des vides, à l’invention, à des ruptures de formes entre la littérature, le cinéma, le théâtre.  Et au final, comme dans toute quête, c’est la quête elle-même qui devient centrale, et constitue l’objet scénique ou filmique.

Anne Monfort


Anne Monfort crée la compagnie day-for-night en 2000. Elle met en scène plusieurs textes de l’auteur allemand Falk Richter qu’elle traduit également : Dieu est un DJ (2002), Tout. En une nuit. (2005), Sous la glace (2007), Nothing hurts (2008). Elle accompagne aussi Richter sur ses projets en France, notamment Je suis Fassbinder, co-mis en scène par Falk Richter et Stanislas Nordey. Artiste associée au Granit – Scène nationale de Belfort entre 2007 et 2010, elle crée notamment Laure, Next door, Si c’était à refaire, Les fantômes ne pleurent pas et le diptyque Notre politique de l’amour, composé de Tout le monde se fout de la demoiselle d’Escalot et Ranger (Sa vieille maîtresse) présenté au Théâtre GiraSole d’Avignon OFF en 2011. Elle crée Quelqu’un dehors, moi nulle part en mars 2012 et Exit, forme courte présentée au festival 360 en juin 2013, deux textes de Sonia Willi. En 2013/2014, elle reprend les inédits et extraits du journal d’écriture de Falk Richter pour mettre en scène Et si je te le disais, cela ne changerait rien. Elle est invitée de 2014 à 2018 au Festival de Caves où elle crée Black House, Temps Universel + 1, Perséphone 2014 et Morgane Poulette. La saison 2015/2016 est celle de la création de No(s) Révolution(s), commande passée à deux auteurs, Mickael de Oliveira et Ulrike Syha, spectacle créé en France, en Allemagne et au Portugal. En 2017-2018, elle reprend Morgane Poulette en version plateau au Colombier - Cie Langajà Bagnolet et y présente également la création Désobéir - Le monde était dans cet ordre-là quand nous l’avons trouvé, écriture de plateau à partir des textes de Mathieu Riboulet.


Adaptation du roman de Lydie Salvayre

Conception et mise en scène Anne Monfort

Avec Anne Sée et Marc Garcia Coté

Durée 1h20​

 

Création vidéo Julien Guillery

Dramaturgie Laure Bachelier-Mazon

Scénographie Clémence Kazémi

Création lumières et régie générale Cécile Robin

Création son Julien Lafosse

Production Coralie Basset

Diffusion Florence Francisco - Les Productions de la Seine

Relations presse Olivier Saksik - Elektronlibre

 

Le film a été tourné en octobre 2017 à Barcelone et a été coréalisé par Emmanuel Barraux, Julien Guillery et Anne Monfort

Production day-for-night

Coproduction Oui! Festival de théâtre en français de Barcelone - Espagne

Soutiens Institut Français dans le cadre de Théâtre Export, Centre Dramatique National de Besançon Franche-Comté, CENTQUATRE-PARIS, Le Colombier - Cie Langajà Bagnolet

Remerciements à 31 Juin Films

La compagnie day-for-night est conventionnée par la DRAC Bourgogne - Franche-Comté, soutenue par la Région Bourgogne Franche-Comté et dans ses projets par le Conseil départemental du Doubs et la Ville de Besançon.