Exposition

 

Exposition

Les Ritournelles

Hippolyte Hentgen

Du 9 Avril 2010 au 9 Avril 2012, Parvis

Le Parvis centre d'art contemporain

Hippolyte Hentgen
Les Ritournelles
9 avril 2010 - 9 avril 2012
Vernissage jeudi 8 avril à 19h à Ibos en présence des artistes

«Les Ritournelles» est une installation proposée pour le mur extérieur du centre d’art du Parvis.
Cette oeuvre s’articule sur plusieurs points liés à la
disposition peu commune de ce centre d’art dans un supermarché Leclerc.
Elle s’inscrit directement dans la continuité de nos recherches entamées pour l’exposition «Mass Romantic», à savoir qu’elle prend pleinement en considération les contraintes ainsi que les atouts de cet endroit et en interroge sa spécificité et sa complexité au travers de notre pratique du médium dessin.
Il s’agit donc de proposer un ensemble d’images modulables sur le modèle du jeu.
S’il est difficilement nommable parce qu’hybride, le
dispositif évoque le thaumatrope contrarié, une sorte de puzzle ou encore de rébus.
Le thaumatrope est un disque illustré sur ses deux faces où sont accrochées de petites ficelles sur deux bords opposés.
Le plus simple et le plus connu des thaumatropes est celui de la cage et de l’oiseau, c’est pourquoi nous l’avons choisi comme point de départ.
En faisant tourner entre le pouce et l’index les ficelles,
le disque suit le mouvement et, sur une surface sans corps, les deux dessins se confondent…
Le résultat du thaumatrope est donc une surface fictive où se projettent deux dessins bien réels.
Il s’agit d’installer pour ce projet sur les murs
extérieurs du Parvis, des thaumatropes géants et contrariés.
Contrariés, parce que les deux dessins complémentaires ne sont pas sur les deux faces du même disque, mais sur une seule face de deux, voire trois disques différents.
Contrariés encore, parce que la rotation simultanée des deux disques rappelle sans pouvoir en imiter l’effet, la rotation magique du jeu original. C’est donc la superposition des images et le jeu d’association qui est visé.
Douze disques interchangeables, animés de dessins rotatifs, sont à disposition du centre d’art.
Ce sont à chaque fois des extraits d’images, des
reproductions faites à la main, d’artistes connus qui
apparaissent (Philip Guston, Alain Séchas, Mike Kelley, ErnestT, Picabia, Pettibon, Magritte …)
Ce sont des images en noir et blanc qui ont en commun la pratique d’un dessin issu de l’industrialisation, de la mécanisation et de la reproduction des images. Autrement dit, ils s’inscrivent dans la tradition moderne de l’oeuvre d’art à l’heure de sa reproductibilité technique.
Ces dessins posent aussi la question de la notion d’auteur, de sa disparition éventuelle et, du coup, de leur capacité à dire «je». Ils interrogent en somme la condition existentielle du sujet.
Ils sont pour nous aussi une sorte d’arbre généalogique dont chaque association est une équation qui répond potentiellement à un rapport au monde. Celle de Hippolyte Hentgen mais aussi celle du commissaire invité à faire des choix et des associations de disques. Car, en effet , seuls six d’entre eux seront installés sur le mur extérieur.
L’ accrochage de la totalité des douze disques se faisant selon un roulement rythmé par la programmation des expositions . Autant dire que les combinaisons seront multiples pendant les deux années que va durer l’exposition.
«Les Ritournelles» réfléchit donc le ludant et le ludé, ce qui permet de jouer et ce qui est joué. C’est un casse- tête, un puzzle ludique qui propose une image à reconstituer à partir d’éléments découpés, à la fois la lignée et les rebonds d’une certaine histoire de l’art.
«Les Ritournelles» propose au spectateur et au passant un regard sur ces différents «entre-deux», lesquels tentent de s’associer pour révéler l’un au moyen de l’autre, qu’ ils ne se résument pas l’espace de leur simple existence.

Hippolyte Hentgen.